Répondre à la décomposition sociale sans recourir à l’Etat
Réaction 1 :
Combien de voitures brûlées? La question agite la classe politique française après un 31 décembre mouvementé. Le ministère de l’Intérieur annonce 372 véhicules, l’opposition socialiste craint un bilan beaucoup plus lourd. Le cœur de Paris a été touché: par exemple, deux épaves calcinées ont été retrouvées au pied de l’église St-Augustin, dans le VIIIème arrondissement. Des touristes ont été pris dans les jets de bouteille et de gaz lacrymogènes qui ont fusé sur les Champs-Elysées. En banlieue, ce fut parfois pire: à Grigny, «quatre personnes qui circulaient dans une voiture avec un sabre et un bidon d’essence ont été interpellées», relate «Le Parisien». Face à la répétition des troubles, certains experts en appellent à l’armée. Son intervention en cas d’incidents graves sera «une nécessité opérationnelle et citoyenne», estime un stratège cité par la très droitière revue «Valeurs Actuelles». Cet auteur, Georges-Henri Bricet des Vallons, préconise l’utilisation de drones (avions sans pilote), de produits chimiques pour «marquer» les émeutiers et de fusils non létaux FN 303. En 2003, à Genève, une arme de ce type avait fracturé le visage d’une altermondialiste qui manifestait contre l’OMC. Même s’il ne tue pas, le FN 303 peut donc faire mal. Mais il n’est pas sûr que cela suffise à ramener le calme des soirs de Nouvel An (Blog L’Air de Paris, 02/01/2008).
Réaction 2 :
C’est l’heure de la récréation à l’école primaire Karl-Weise de Neukölln, un quartier berlinois populaire composé d’une importante population d’origine étrangère. Les enfants s’élancent dans le préau en poussant des cris de joie. Parmi la foule des écoliers, on distingue deux hommes vêtus d’un uniforme bleu foncé. Il s’agit de deux agents de sécurité employés par l’entreprise Germania et chargés d’une mission de surveillance dans l’établissement scolaire depuis le 10 décembre 2007. Ce projet est testé par douze autres écoles du quartier et doit durer jusqu’à l’été 2008. La mairie de Neukölln a imposé cette mesure malgré l’opposition du Sénat de la ville. Au cours de l’année scolaire 2006-2007, les écoles de Neukölln ont signalé 139 cas de violences corporelles. La police intervient seulement après les faits, nous voulions ces agents pour agir préventivement", explique Klaus Hartung, le directeur de cette école âgé de 63 ans. En mars 2006, les enseignants de Karl-Weise avaient lancé un appel désespéré à la mairie face à la multiplication des violences au sein de l’école. Même si le personnel enseignant a fini par donner son accord, les avis restent partagés dans la salle de réunion des professeurs. "Ce devrait être à l’Etat de protéger les écoles, et non pas à une entreprise privée", commente l’un d’entre eux, responsable d’une classe de sixième. Pour sa collègue Catherine, une institutrice âgée de 46 ans qui refuse donner son nom, "on n’a rien à perdre à tenter cette expérience". Avant d’arriver dans l’école, les deux agents, qui refusent de commenter leur mission, ont suivi une formation d’une semaine pour gérer les conflits. Leur rôle demande encore à être précisé. D’après le directeur, ils doivent intervenir en cas de bagarre dans l’école ou s’assurer qu’un inconnu ne s’est pas glissé sous le préau. En même temps, le corps enseignant ne doit pas, selon lui, transférer sa responsabilité de surveillance sur les agents. "Nous nous trouvons encore dans une zone grise", reconnaît Klaus Hartung. Selon Catherine, "les agents se montrent pour l’instant professionnels et discrets" (Le Monde, 06/01/08).
Dans les deux cas (Allemagne et France), on assiste à une décomposition sociale. Dans un cas, les voitures brûlent dans un contexte de troubles ethniques. Dans l’autre cas, selon une étude publiée par le sénat de Berlin en décembre 2006, les actes de violences déclarés par les établissements à forte fréquentation ethnique ont fait un bond de 76 % au cours de l’année scolaire 2005-2006.
Face à ce type de situations de plus en plus manifestes et extrêmes, la pente la plus facile pour les citoyens est d’accepter le renforcement de l’autorité étatique par tous moyens, y compris la remise en cause des libertés civiles. Quitte même à ce que la violence, terroriste ou non, soit utilisée comme prétexte à cette remise en cause. Les gens se résignent à, voire se tournent vers la fausse sécurité de la société de surveillance ou les réponses confuses du populo-bonapartisme.
La seconde réaction est plus intéressante. Elle montre que même dans un contexte de décomposition sociale avancée, il est possible de limiter le recours à l’intervention étatique pour faire place à l’autorégulation des acteurs organisés. La leçon est même forte, car on pourrait penser à première vue qu’une telle autorégulation n’est possible que dans un contexte d’harmonie sociale et de prospérité économique. Il n’en est rien. Il est fait appel ici à une société indépendante qui intervient préventivement, sur la base d’une formation à la gestion des conflits, dans l’un des domaines les plus régaliens de l’intervention étatique: la régulation policière de la violence et de la délinquance.
Une piste à suivre, explorer, rechercher, évaluer, et étendre si elle s’avère efficace.
Socialisation virtuelle: crée-t-elle du capital social?
Le Canada remporte la palme des pays "accros" au populaire site de socialisation Facebook, avec un citoyen sur quatre y multipliant les "amis", une nouvelle façon de rapprocher la population dans cette vaste contrée friande de nouvelles technologies. "Les Canadiens ont une plus grande affinité (que les autres) avec Facebook", estime Greg Elmer, directeur du laboratoire de recherche sur l’impact culturel des technologies de l’information (infoscape lab) à l’université Ryerson de Toronto. Né début 2004 aux Etats-Unis, Facebook est le deuxième site de socialisation le plus populaire du monde, derrière son rival MySpace qui compte plus de 100 millions de membres. "Facebook consiste à retrouver vos amis alors qu’un site comme MySpace vise à se présenter soi-même aux autres (…) La communication et la socialisation en ligne me semblent plus canadiennes que l’autopromotion du soi à laquelle les jeunes Américains sont éduqués", explique-t-il à l’AFP. La métropole canadienne Toronto se targuait en mai d’être la capitale mondiale de Facebook en nombre absolu d’utilisateurs, un titre perdu depuis au profit de Londres. Mais la capitale britannique compte le double de la population de Toronto. La popularité de Facebook à Toronto s’explique par la présence d’universités, sa géographie étendue (passer de la banlieue au centre-ville peut y prendre des heures), sa culture financière (première place financière au Canada) et sa diversité ethnique, résume M. Elmer. Selon les données du recensement canadien, près de la moitié des cinq millions d’habitants de la région de Toronto sont des "immigrants". Et nombre d’entre eux utilisent des sites de socialisation pour maintenir le contact à l’étranger ou en développer sur place, estiment les chercheurs. (…) Si plusieurs employés gouvernementaux au Canada se voient refuser l’accès à Facebook, les politiques, eux, y multiplient les amitiés. Le Premier ministre canadien Stephen Harper compte 6.800 supporters, dépassé par les leaders de l’opposition, le libéral Stéphane Dion (10.500), et du Parti néo-démocrate, Jack Layton (8.600). Plusieurs commentateurs et experts s’interrogent sur la notion "d’amitié" véhiculée par Facebook, un terme générique décrivant chaque relation d’un individu à un autre qui gommerait les différents types de relations (famille, travail, connaissance, etc.) et tronquerait le sens profond de l’amitié. "Si Facebook est le principal outil utilisé par vos amis pour communiquer entre eux et que vous n’en êtes pas membres vous pouvez être exclu socialement", remarque Phillip Jeffrey, étudiant à l’Université de Colombie-Britannique (ouest) qui planifie d’écrire sa thèse de doctorat sur ce site de socialisation. (RTL Info, 27/12/2007).
Merci à Greg Elmer pour ses intéressants commentaires. Il est exact que MySPace propose de l’auto-promotion de nature individualiste, tandis que Facebook, Hi5 et d’autres proposent de la socialisation virtuelle afin de pallier le déficit de lien social. Les causes du déficit de lien social en Ontario sont indiquées par l’article: taille excessive des conurbations et immigration de masse qui entraînent un déracinement et une diversité extrêmes.
Il est vrai également que la notion d’"amitié" mise en avant par ces sites est douteuse. Est réputé "ami" celui ou celle qui accepte de vous voir figurer dans sa liste, et vice-versa. Cela ne suppose pas forcément de connaissance mutuelle réelle ni d’intimité, encore moins de solidarité. Quant aux "amis" virtuels des hommes politiques, ce sont des noms dans une liste, peut-être une clientèle politique en quête du regard de l’homme connu, en tout cas une cible pour le marketing politique. Au fond, ces liens de soit disant amitié se réduisent à l’existence d’une image publique. Une image qui peut être plus ou moins trafiquée, ce qui est contraire à tous les principes de production de capital social durable. Ainsi, une recherche menée par nos soins a-t-elle montré que 78% des personnes utilisant un site ou réseau de socialisation altéraient au moins un élément essentiel de leur identité sociale. Dans le cas des jeunes et des adolescents, il y a plus fréquemment une communauté existante qui utilise l’outil virtuel pour rester en contact, prolonger les contacts après l’école, échanger des objets rituels qui cimentent le lien (vidéos, photos, etc.). C’est sans doute l’utilisation idéale de l’outil, consistant à conforter des réseaux déjà existants. Mais Phillip Jeffrey signale le risque inhérent à une utilisation intensive: le lien communautaire peut être confisqué par l’outil, au point que ne pas l’utiliser peut vous conduire à être exclu socialement!
Dans tous les cas, qu’il nous soit permis d’exprimer notre scepticisme quant à la capacité de ces "solutions" a générer du lien social, durable et réel, par substitution aux opportunités naturelles du travail, du voisinage, de la famille ou des soirées. Le fait est que ces vecteurs naturels ne sont plus efficaces, et c’est là-dessus qu’il nous faut nous interroger. Pour leur rendre leur efficacité, il faudrait des changements profonds. D’autres politiques de cohésion sociale, d’urbanisme, de participation communale, d’identité ethnique. Une révision en profondeur des valeurs actuelles - individualistes, consuméristes et hédonistes. D’autres lieux ou des lieux revivifiés de rencontre. Des codes de communication et de comportement social plus clairs et mieux connus de tous. Un réapprentissage du regard, du sourire, de la civilité. De multiples orientations pourraient aider à rendre à notre société sa capacité d’intégration. Le débat ne fait sans doute que commencer… de façon générale, la socialisation virtuelle n’est pas négative, peut même être très positive, mais, rendue nécessaire par le dysfonctionnement de la société, elle ne peut paradoxalement fonctionner correctement que si la société fonctionne encore assez correctement: confiance, véracité, sens de l’engagement, capacité d’accepter la réalité, convivialité, volonté sincère de créer du lien sont nécessaires pour passer sans encombre du virtuel au réel.
On pouvait s’en douter : les gens vivant dans des agglomérations à fort pouvoir d’achat ne sont pas les plus heureux. Le bien-être de la population est plus élevé en dehors des centres, là où les relations sociales sont encore intactes, signale une étude de Deutsche Bank Research. Les Allemands se portant le mieux vivent apparemment dans la région d’Ulm. L’analyse du bien-être est très tendance en Allemagne. (…) Pour cerner le problème, les chercheurs de la principale banque allemande ont identifié six critères : trois facteurs "mous" qu’ils ont relevés par sondage (la satisfaction des gens avec leur propre vie, leur confiance dans les compatriotes et leur état de santé) et trois autres facteurs "durs" pris dans les statistiques officielles (le taux de chômage, la natalité et le revenu). Il en ressort que parmi les 97 régions d’aménagement du territoire allemand, la palme du bien-être revient à la région Danube-Iller autour d’Ulm, à cheval sur le Bade-Wurtemberg et la Bavière. Suivent l’est du Wurtemberg, région à faible population, et puis deux régions urbaines, Osnabrück, centre paisible de Basse-Saxe, et les faubourgs méridionaux de Hambourg. A Ulm et environs, les gens ne se considèrent pas comme étant particulièrement satisfaits, mais ils ont beaucoup de confiance dans leur entourage. Si le pouvoir d’achat à lui seul rendait les gens heureux, les grandes villes du sud de l’Allemagne arriveraient en tête. Or, Stuttgart, capitale de l’automobile, n’est que vingt-deuxième et Munich, "la ville mondiale au grand coeur", vingt-cinquième. Bonn (en position 31) arrive bien avant Berlin (80) qui lui a pourtant ravi le titre de capitale. Les auteurs de l’étude relèvent que dans des régions heureuses comme Biberach (Bade-Wurtemberg), les gens se distinguent par un engagement culturel élevé; ailleurs, ils fréquentent des associations sportives et autres. Des dirigeants politiques, qui multiplient les crèches pour augmenter la natalité, les auteurs de l’étude suggèrent une approche plus large : dans des régions à fort chômage et à faible consensus social, on ne fait pas d’enfants, même s’il y a des crèches (source: Marcel Linden, La Libre, 24/12/2007).
Voilà que la Deutsche Bank se préoccupe du capital social au point de tenter de le mesurer en Allemagne. On laissera à M. Linden, lui qui a souvent quelques difficultés avec la langue française, la responsabilité de sa distinction entre les facteurs durs et les facteurs mous. Plus intéressant est que le capital social est « tendance » en Allemagne, au point que le président de l’Etat fédéral insiste dans son discours de Noël sur le renforcement nécessaire des liens entre générations. On peut par hypothèse rapprocher cet intérêt accru pour le capital social, des mutations brusques et radicales opérées sous un gouvernement social-démocrate: en vrac, abandon du droit du sang, romanisation de l’orthographe, modifications néolibérales du droit de la négociation, abandon du Mark, réforme de l’actionnariat d’entreprise (qui s’est traduit par la fin accélérée des participations croisées avec soutien bancaire constitutives du capitalisme à l’allemande), affaiblissement Hartz-IV des protections socio-économiques…il n’est pas étonnant que tout ceci, en portant atteinte à la base même du système allemand: l’esprit de communauté, ait entrainé un affaiblissement du capital social, et que cette société dont l’esprit de communauté avait toujours été fort soit à la recherche de ce qu’elle est peut-être en train de perdre. Malgré la confusion du résumé qui nous est fait, on voit se confirmer le lien entre le bonheur (ou la satisfaction, ou la qualité de vie perçue), d’une part, et le capital social (confiance en autrui, engagement associatif, densité des relations sociales, faible taille des communautés), d’autre part.
Les autorités de la région de Changyuan, dans le centre de la Chine, envisagent d’accorder des promotions sociales aux fonctionnaires selon des critères privilégiant l’amour des parents, a annoncé samedi l’agence Chine nouvelle. Un demi-millier de membres de la famille, d’amis, de collègues et de voisins vont ainsi être interrogés spécialement par des enquêteurs qui s’intéresseront au comportement de tous les fonctionnaires. Seront tout particulièrement étudiées à la loupe les valeurs familiales et les habitudes de chacun en matière de consommation d’alcool et de pratiques du jeu. Les conclusions de ces enquêtes serviront de base à d’éventuelles promotions au travail. "Notre personnel doit respecter les valeurs chinoises traditionnelles de piété filiale et de responsabilité familiale qui sont le pilier d’une carrière réussie", explique le chef du Parti communiste local, Liu Sen, cité par l’agence. Les autorités chinoises craignent un effritement des valeurs morales dans les jeunes générations avides de profiter des avantages de l’extraordinaire boom économique de ces dernières années. (Reuters 2007)
La piété filiale est une valeur connue pour être importante dans les rapports intergénérationnels dans les sociétés asiatiques. Nos publications ont montré un effritement relativement ample de ces valeurs au profit d’un individualisme hédoniste de type occidental. Les craintes des "autorités chinoises", qui ont fait l’objet de commentaires stupides en Occident, ne sont donc peut-être pas infondées.
La question est de savoir dans quelle mesure il revient à l’Etat de restructurer la société, que ce soit en Chine ou ailleurs. Dans nos pays, la manipulation de la fiscalité et du dispositif judiciaire afin d’influer sur tel ou tel paramètre fait le pain quotidien de politiciens et de juristes qui sont autant d’apprentis sorciers. Ces tentatives mal informées et souvent peu pertinentes recouvrent l’illusion dangereuse suivant laquelle il serait possible de diriger, de façon volontariste, l’évolution complexe de la société. Elle exploitent les sentiments de désarroi, d’insécurité ou d’injustice de la population pour justifier l’existence de l’Etat, l’extension de ses pouvoirs, ou la désignation de tel de ses dirigeants qui s’efforçe d’apparaitre plus rassurant ou plus dynamique.
Ces tendances endémiques à l’étatisation ne posent pas seulement un problème d’efficacité, mais aussi un problème de démocratie. Dans un système démocratique, en effet, l’Etat est sous le contrôle de la société, et non le contraire. Cela suppose que cette dernière soit robuste. Ce qui n’est possible qu’à la condition que les inégalités économiques soient limitées, que le corps social soit homogène sur le plan ethnoculturel, et qu’il dispose d’un niveau d’éducation suffisant.
Une cohésion sociale accrue se traduit par la régression des symptômes de pathologie sociale (tels que taux élevé de dépressions, de suicides, de crimes) ainsi que par un plus grand engagement civique.
Dès le 1er novembre 2007, la clôture d’un compte à vue et d’un compte d’épargne se fera sans aucun frais pour le client, écrit mercredi "L’Echo", évoquant la loi du 15 mai 2007 relative à certains services bancaires et publiée mardi au Moniteur belge. Si le texte n’entre en vigueur que dans cinq mois, "le nombre de banques qui comptent encore des frais pour ce type d’opérations est marginal", estime Febelfin, la fédération belge du secteur financier. La loi stipule par ailleurs que l’établissement financier paiera, sans frais, à son futur ex-client, le solde du compte assorti des intérêts dus. Il sera aussi tenu de lui rembourser les frais de gestion payés sur une base annuelle au prorata du nombre de mois qui restait à couvrir. (Belga, 06/06/2007)
Encore un exemple de la profondeur du problème étatique dans nos pays avec toutes ses conséquences : complexité administrative, faiblesse de l’initiative, croissance lente, incapacité accrue de la société de s’organiser… Certes, le client des banques peut à court terme se réjouir de voir imposer à celles-ci de clôturer les comptes sans frais, encore que, dans la pratique, il ne semble pas que beaucoup de banques soient concernées. Cela dit en réfléchissant plus avant, ce n’est pas à l’Etat qu’il appartient d’aller si loin et de couler dans le bronze d’une loi de tels détails. C’est au consommateur de se regrouper, de s’organiser en adulte, de faire pression sur les banques, de faire jouer la concurrence… ceci relève des forces du marché. Par ailleurs, on discerne que le législateur a voulu encourager la mobilité de la clientèle d’une banque à l’autre. Mais c’est encourager aussi, dans ce domaine ou dans d’autres, des choix moins réfléchis, des engagements moins contraignants, des comportements plus volatiles. Or, c’est exactement du contraire que notre société a besoin… La loi la plus indispensable serait sans doute une loi organique traçant clairement les limites de l’intervention des gouvernements et précisant les domaines exclusifs de compétence de la société civile.